Le cadran solaire  Madeleine Boniver

 

Tu as vu le cadran solaire ?

Les deux amis s’arrêtent. Jean est petit, large de carrure, haut comme trois pommes, joyeux luron, il siffle sans arrêt. C’est lui qui vient de poser la question. A l’inverse, Jacques est immense, une haute tige qui a filé, aux branches minces mais musclées. Son vieux jean rapiécé, un peu trop large, repose sur la saillie de ses hanches maigres. Il adore son jean.

 Tu as vu le cadran solaire ? Quelle heure marque-t-il ?

Jean rigole, il veut surtout confondre son ami par sa question insidieuse plutôt que d’avoir une réponse. L’autre s’en tire :

Il est l’heure du goûter pardi !

Et il tire de sa poche un sachet rond fermé par un bout de ficelle.  Des beignets aux pommes saupoudrés de sucre impalpable.

…mes souvenirs fruités  par Rose Monseur

Jamais je n’oublierai ce moment-là !

A la saison des pommes, maman nous faisait souvent une pomme cuite au four comme dessert. J’en salive encore en songeant au goût exquis et à l’odeur subtile de la cassonade et du beurre, rehaussés une pointe de cannelle lorsque nous plongions notre cuillère dans ce doux mélange… Nous savourions ce nectar tout simplement dans une tasse mais quel ravissement pour les enfants.

Un de ces soirs, après le souper, lorsque ma sœur prit sa tasse pour déguster son dessert, celle-ci lui échappa et tomba à terre… Nous nous penchâmes toutes les deux pour découvrir les dégâts… Ouf ! la tasse ne s’était pas brisée mais, à notre grande surprise elle était vide ! Etonnées… intriguées… désolées, nous cherchâmes la pomme qui s’était évaporée… enfuie…échappée… quand soudain nous vîmes la fugitive collée au plafond ! Jamais je n’oublierai ce moment-là, qui nous fît tous rire aux éclats !

Quand on rentrait la paille et le froment

Quand on rentrait la paille et le froment…

On sortait le tracteur, Papa partait devant,

Et nous suivions très fières d’aider nos parents. 

 

Quand on rentrait la paille et le froment…

On partait dès le matin, on pique niquait au champ

Et le temps passait, et l’été s’achevait.

 

Quand on rentrait la paille et le froment…

Juchées sur la charretée, on attrapait les poires, juteuses et sucrées,

Nichées dans les hautes branches de notre poirier. 

 

Quand on rentrait la paille et le froment…

On ignorait cependant… qu’en y songeant plus tard

Elles rediraient encore ces délicieux moments !

Recette du verger de mes rêves…

Prenez un verger accroché au flan d’une colline

Ajoutez-y un village tout proche, avec ses habitants qui régulièrement le visitent

Mélangez tout cela au fil du temps …au gré des saisons et des vents

Sans oublier d’y déposer une pincée de fantaisie champêtre,

un bouquet de saveurs d’autrefois, quelques gouttes de soleil

deux ou trois brins de nature

Il ne vous reste plus qu’à laisser vivre ce coteau tendrement, auprès d’un ruisseau qui chante.

 

Recette du verger comme autrefois

Dans la prairie de votre choix,

Semez tout d’abord des graines à ras bord

Mélangez-les avec du concentré de soleil

Prenez de bonnes tranches de terre bien tiède

Que vous saupoudrez de quelques gouttes de pluie

Nappez de beaucoup de savoir-faire calme et patient

Taillez et élaguez chaque arbre paisiblement

Supprimez les nouvelles pousses

Pour enfin cueillir des fruits sains et généreux !

La petite pomme Géo NORGE

La petite pomme s'ennuie
De n'être pas encore cueillie.
Les grosses pommes sont parties.
Petite pomme est sans amie.

Comme il fait froid dans cet automne,
Les jours sont courts, il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu'on est pomme.


Je n'en peux plus, viens me cueillir,
Tu viens me cueillir, Isabelle.
Ah! que c'est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu'on est belle!

Prends-moi doucement dans ta main
Laisse-moi me ratatiner
Bien au chaud sur ta cheminée
Et tu me mangeras demain.

 

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